KoroKoro Comic: la star des mangas pour enfants

Depuis la dernière décennie de l’ère Shōwa, une seule question taraude l’esprit des écoliers japonais: acheter KoroKoro Comic ou Comic BomBom ? Le phénomène est tel, qu’on prétend qu’il s’agit du premier grand choix dans la vie des hommes japonais ! Ces deux magazines de prépublication de mangas demeurent les plus populaires depuis plus de 40 ans parmi toutes les offres disponibles pour les enfants et se livrent une bataille sans pitié.

Kokoro Comic, un format spécialement dédiés aux enfants

Le premier à voir le jour est le Monthly KoroKoro Comic, à la date du 15 mai 1977. Destiné aux élèves du primaire, il est réalisé par la maison d’édition Shogakukan. Tout d’abord publié tous les trois mois, il devient bimestriel à partir du numéro 4 (le 15 décembre 1977) puis mensuel à partir du numéro 12 ( le 15 mars 1979). Tout comme les Shōnen ou les Seinen, le magazine dispose de sa propre catégorie, Kodomo, que l’on pourrait traduire par «enfant» et vise donc un lectorat âgé de 6 à 12 ans.

Sa spécificité, en comparaison des autres recueils, est d’être conçu dans un format plus petit et compact que les revues de mangas traditionnelles, afin d’être facilement transportable par les petites mains. Cela lui vaudra le nom de «KoroKoro», une onomatopée qui exprime l’idée de quelque chose qui peut s’enrouler ou se plier facilement. On le reconnait aussi au premier coup d’œil par sa couverture dont l’illustration est littéralement noyée sous une surcharge de slogans, ainsi que via sa mascotte officielle, d’abord baptisée Korochan, mais qui sera remplacée par l’emblématique Korodragon à partir d’avril 1981.

Des auteurs prestigieux pour un succès garanti

Dès les premiers numéros, le magazine se fait remarquer grâce à la présence d’artistes renommés comme Fujio Akatsuka (Osomatsu-kun), Noboru Kawasaki (Star of the Giants), et surtout Fujiko Fujio, dont le manga Doraemon est l’emblème du magazine. Celui-ci est d’ailleurs fortement impliqué dans sa conception puisqu’il y officie en tant que partenaire à plein temps. La publication de son œuvre phare, qui est également l’un des piliers de la bande-dessinée et de l’éducation japonaise, confère à KoroKoro son statut de produit culte. Réputation qu’il parviendra à conserver des décennies plus tard grâce à l’adaptation de jeux-vidéos en bandes-dessinées, comme Super Mario, Animal Crossing, Minecraft ou encore Splatoon.

Une influence considérable sur la société de consommation

Les mangas ne sont cependant pas le seul élément qui font la popularité du magazine. La vaste opération de promotion qui vise les domaines des loisirs et des jeux-vidéos exerce une influence considérable sur son lectorat, au point que l’impact social et économique s’en ressente. Il est d’ailleurs considéré comme factuel que KoroKoro décide des modes qui toucheront les écoliers. On lui doit, entre autre, l’explosion de phénomènes sociaux comme Ultraman, les Super Sentai, Macross, Kamen Raider ou encore Beyblade. Quant aux jeu-vidéos, ils ont rendu populaire des licences comme Mario, Sonic, Kirby, Pokemon, Animal Crossing, Yokai Watch, Minecraft, Splatoon et plus récemment Fortnite et Ninjala.

Comic BonBon, la naissance d’un rival

Comic Bonbon paraît pour la première fois le 15 octobre 1981. Il s’agit d’une publication de la maison d’édition Kodansha, dont l’objectif est de concurrencer le mensuel KoroKoro Comic de la Shogakukan, dont la popularité ne cesse de croître depuis 5 ans. Pour y parvenir, son rédacteur en chef, Toshio Tanaka, mise sur une franchise qui connait un succès phénoménal au Japon: Mobile Suit Gundam. On y trouve des planches du manga en prépublication, ainsi que des articles dédiés aux Gunpla, ces maquettes commercialisées par Bandai à l’effigie de la série. Le succès est évidement au rendez-vous et deux mois plus tard paraît un second numéro qui deviendra mensuel.

Connaissez-vous les origines du melon pan ?

Ma première bouchée date peut-être d’une dizaine d’années, au moment de m’installer définitivement au Japon. Je m’en souviens encore parfaitement: je partais en randonnée au Mont Rokko, tôt le matin pour éviter le soleil de plomb du mois de mai, et faute de petit-déjeuner, je suis passé à la boulangerie du coin. Peu importe qu’il soit avant tout dédié aux enfants, j’avais longtemps fantasmé de pouvoir moi-même y goûter après l’avoir vu orner les pages des mangas dès mon plus jeune âge. L’occasion était trop belle ! Cette initiation fut pleine de surprises: aucune trace de melon, pas plus que de réelle saveur en dehors du sucre et, pourtant, le déguster me procurait un sensation relativement agréable. Prétendre qu’il s’agirait d’une expérience inoubliable serait mentir, mais il est indéniable que cette saveur fait partie des petites chose que nous autres étrangers gardons dans la longue liste de nos petits plaisirs typiquement japonais.

Déguster un pain melon sur l’herbe, un plaisir «made in Japan»

Ce qui étonne, la première fois, c’est bien entendu qu’il n’a jamais été question de melon dans ce que nous qualifions (à tord) de pain au melon. Pour dire vrai, une traduction plus correcte serait «pain melon», au même titre que «chapeau melon», puisqu’il tire son nom de sa forme et non de son contenu. Il s’agit donc d’un d’un pain rond relativement basique, dont le sommet est recouvert d’une pâte sucrée. Manifestement étonné par cette révélation, je me suis alors lancé dans quelques recherches dont je partage aujourd’hui le résultat avec vous.

Le terme «pan» ne vient pas d’où vous pensez

J’y ai notamment appris que le terme «pan» ne venait pas du français «pain», mais du portugais pão, dont le diphtongue «ão» est généralement traduit par «un». Alors certes, le mot pan existe en ancien français, il est dérivé de panem en latin, qui à lui-même donné pão en portugais. Mais il n’empêche que le katakana de «pan» est en réalité la retranscription phonétique du mot portugais pão, et aucunement de pain. Cela s’explique par le fait que ce peuple est le premier à avoir mis le pied sur l’Archipel, et y ont laissé certains de leurs vocables. Personnellement, j’aime beaucoup ce genre de petites anecdotes !

Les Portugais sont les premiers étrangers à atteindre le Japon et y laisseront des expressions issues de leur langue

Mais qui donc l’a inventé ?

Autant le dire tout de suite, personne ne connait de source sure la véritable origine du melon pan et les suppositions vont bon train. Certains l’attribuent à Okura Kishichiro, qui se serait inspiré d’un boulanger arménien qu’il avait ramené au Japon en 1910. D’autres prétendent on aurait utilisé par hasard une casserole dont la forme était celle d’un melon coréen. Selon d’autres versions, il s’agirait de l’ adaptation d’un pain inventé à Kobe en 1930 et appelé Sunrise, qui est d’ailleurs toujours la manière de nommer un melon pan dans cette région. Il tire son nom de sa ressemblamve évidente avec le soleil. Ses origines étrangères sont également supposées, puisqu’on en retrouve des équivalents à travers le monde, tels que le pain à l’ananas en Chine ou le Concha au Mexique.

Le fameux pain Sunrise originaire de Kobe dont on remarque qu’il ne dispose pas de rayures